Bill et moi avions décidé de passer plus de temps ensemble. Mais ca ne s'est pas fait directement. Petit a petit, nous ressentions de plus en plus le besoin d'etre present l'un pour l'autre. Nous n'avions jamais connu de disputes. .
Je m'en veux encore. Comment ai-je pu lui faire autant de mal. Comment ai-je pu en arriver là ?
Comment peut on etre aussi stupide ?
C'etait en
Fevrier 2011, le groupe
Tokio Hotel etait tres occupé pour l'ecriture de leur album. En plus de cela, Tom vivait un moment difficile parce qu'il avait rompu avec
Lara, je ne sais pas pourkua d'ailleurs, ca m'a beaucoup etonnée. .
Depuis
3 mois, je resentais de plus en plus le besoin de me rapprocher de mes parents. Ils me manquaient terriblement et je me sentais si seule.
Alors presque tous les jours durant le mois de
Janvier et Fevrier 2011, je me rendais sur leurs tombes. Je me demandais, le jour où je mourrais, de quels cotés voudrais-je reposer ? Ou plutot, voudrais je me faire incinerer. Je commencais a avoir des idees morbides.
Bill, je crois, ne se rendait pas compte de mon mal etre, et je ne le blame en rien, il passait son temps a travailler comme un acharné avec
Tom, Georg et Gustav.
Je sombrais peu a peu dans un
cercle vicieux. Mais pourkua voulais je faire ca ? Au bureau, je regardais de plus en plus des sites
Proana, j'etais de plus en plus obsédée par mon poids. Et bien que
Lara travaillait à l'agence, elle ne remarquait rien non plus. Je suppose qu'elle etait trop obstinée a penser a son travail pour essayer d'oublier
Tom. J'avais voulu l'aider mais elle m'avait dit que ce n'etait pas la peine, qu'elle avait tourner la page.
Tout mes ideaux se detruisaient peu a peu, certainement quand j'ai appris que
Karl etait atteint d'un
cancer. J'avais été la premiere a la savoir.
Karl me considerait un peu comme sa fille, et moi comme mon deuxieme pere. La nouvelle m'avait beaucoup secouée, je n'y croyais pas.
Karl me disait pour me reconforter que c'etait un cancer bénin qui suscitait juste de recourir a une chimiotherapie mais que tout allait bien se passer, que les medecins allaient progressivement enlever la tumeur . .a t-il parler de kistes ? Je ne savais plus, je me souviens avoir pleuré dans ses bras, je lui disais que je ne voulais pas qu'il s'en aille, qu'il etait comme mon deuxieme pere pour moi . .que je l'aimais.
Mais à quoi bon ?
J'etais de plus en plus demoralisée, peur de me retrouver seule, je me mis à fumer. Ce fut la pire nouvelle depuis le cancer de
Karl et sa chimiotherapie ainsi que la mort de mon pere et ma mere quand, un matin en allant a l'agence, le gros silence, pas un bruit, quelques gémissements, j'ai appri ce jour-là la mort de
Franck . .
C'etait atroce.
Franck, mon
confident, un peu comme un grand frere pour moi que je n'ai jamais eu, où je me ravissais chaque jour a descendre au studio pour le voir, pour aller me faire coiffer par ses doigts délicats tout en nous racontant nos aventures de vies, a prendre des caffés avec lui, a rencontrer son
fils, à m'amuser avec lui, a prendre des diners avec lui . .
Il s'etait tué au cours dun accident de voiture . .encore. Dans celle ci, il y avait deux personnes, son fils et lui meme. Sa femme etait morte apres avoir accouché. Nous ne savons pas encore aujourd'hui comment cet accident a t-il bien pu se produire. Le
monde s'ecroulait autour de moi les uns apres les autres . .
Le lendemain de la mort de
Franck, je decouvris dans la rue, encore tout chaud et couvert de spasmes, mon
chat allongé par terre, la fenetre de notre appartement etait ouverte. C'etait moi qui avait oublier de la refermer car je voulais aerer cette putain d'odeur de tabac. J'etais juste aller chercher du pain au coin de la rue.
Qu'est ce qu'il lui a pris ? Je voulais engueler cette
boule de poils qui etait pris de convulsions de plus en plus rapides. Tous les passants me regardaient, je m'en foutais. Je ne pouvais m'en prendre qu'à moi meme, tout etait ma faute, si j'avais su . .
C'etait le chat que
Bill m'avait offert pour la
Saint Valentin. On disait de lui qu'il representait notre amour. La beauté de notre amour. On l'aimait ce
chat. C'etait comme un pré-enfant pour nous. Nous etions habitués a ce que le matin, il vienne sauter sur notre lit et y dormir. C'etait un peu comme notre reveil matinal qui lui seul pouvait nous mettre de
bonne humeur.
Tout défilait dans ma tete, je ne voulais pas qu'il meurt. Non ca je ne le voulais pas ! Pas encore. Pourkua je faisais du mal partout ? Je le prenais dans mes bras pour lui tenir chaud, il semblait avoir froid, il avait la pupille dilatée et respirait tres faiblement maintenant. Je me refugiais dans le hall de l'appartement derriere les esacliers. Je m'asseya a l'abri des regards, nous n'etions que tous les deux . .
Moi_ Mon chaton [ nous ne lui avions pas donné de prenom particulier a part celui là ], tu vas te remettre sur pattes. Un chat retombe toujours sur ses pattes [ je fus prise a mon tour de convulsions et de larmes qui n'arretaient pas de couler sur mes joues, je pleurais non pas que pour mon chat, mais pour tout ces derniers malheurs]. Mon chaton, tu vis encore, tu ne peux pas mourir, je ne le veux pas ! Tu entends ?! Je t'aime, je ne veux pas ! . .
Ce dernier regard m'a traversé les yeux, comme pour me dire, c'etait mon destin, j'ai ressenti de la peur dans ses yeux, peur de mourir, a cet instant, de s'envoler. Il ferma les yeux pour la derniere fois et ne les rouvrira plus jamais. Je le serrais de toutes mes forces, cette tendresse et ce désir de vengeance a la mort, cette
haine de la vie qui m'envahissait.
Moi_ . . Revenez . .Revenez. Revenez ! [ j'éclata en sanglots ] [ . . . ]
Un mois plus tard, apres
l'enterrement de Franck et de son fils et apres que nous ayons placé notre chaton au cimetiere des animaux de
Paris, j'etais, je devenaisde plus en plus fragile, de plus en plus
squelettique. Je ne mangeais plus rien, je fumais beaucoup trop, les medias se faisaient tous un plaisir de s'acharner sur moi, sur mon soudain changement physique, j'avais perdu ce sourire, qui, autrfois ravageait le monde. J'allais sur mes
21 ans.
Bill s'etait rendu compte bien avant de mon mal etre et le vivait aussi voire plus mal que moi meme. Il ne me laissait pas tomber.
Si je fumais, il fumait, si je ne mangeais pas, il ne mangeait pas, si je ne souriais pas, il ne souriait pas, je lui gachais sa vie mais il ne gachait pas la mienne, je culpabilisais tellement.
Moi_ Comment peux tu m'aimer Bill ?! Quitte moi Bill ! Quitte moi !! Je te fais du mal ! Bill, je t'en supplie quitte moi, je fais du mal aux gens que j'aime, Partout ! Tu entends, partout ! J'ai tué notre Amour, notre allégorie de l'amour ! J'ai tué ce qui nous representait !
Tout ca pour aerer mes caprices de merde de cette putain de fumée de merde de clopes de merde qui s'incruste en moi ! Je te pourris Bill, je te pourris ! Quitte moi ! . .
Bill_ Sally ! Je te quitterais jamais ! Tu entends ? Je te quitterais jamais ! Je mourrais pour toi Sally, si seulement je pouvais, si seulement je savais te faire revivre, je n'y arrive pas mais je ne desespere pas ! Sally ! Je te quitterais jamais !
Moi_ Mais tu dois faire ca Bill ! Regarde ce que je suis ? C'est impossible. Regarde ce que je deviens Bill! Regarde un peu ! Bill, je ne suis pas pour toi, je te detruis de plus en plus !
Bill, je peux plus . .j'en peux plus Bill !
C'est a partir de là que tout devint confus dans ma tete. Plus l'envie de vivre, je voyais Karl perdre ses cheveux, etre defiguré par ses traitements, je faisais du mal à
Bill, je ne me souciais de personne a part de moi meme. J'avais abandonné cette idée de participer a une association humanitaire. Je ne pensais qu'au mal que je pouvais faire autour de moi. Je ne valais a mes yeux plus rien, je n'etais rien, je n'avais rien a faire ici, je voulais m'evader de ce monde qui m'emprisonnait peu a peu. Je me souviens m'etre refugiée dans la salle de bains, a prendre du disolvant, a le mettre sur du coton, a l'inspirer fortement, puis a prendre des detergeants, je me fis couler un bain, je pris le liquide qui servait a nettoyer la salle de bains et a en avaler un peu de chaque bouteille. J'avais mal a la gorge. des ciseaux de retrouverent dans mes mains sans que je ne comprenne quelque chose. Etait ce un signe ? Je vis du sang, couler de mes veines, je plongea dans le bain et je m'y endormi . .
Ce fut
Bill qui s'inquietait de mon etat, qui ouvrit la porte de la salle de bains, je somnolais. Il semblait terrifier en voyant d'abord les bouteilles de detergeants alignés dans l'ordre décroissant puis des ciseaux par terre et la tache de sang qui ornait le sol.
Bill me sortit du bain qui coulait encore comme mon sang. J'etais toute habillée de noir et j'avais pris la peine ce mois ci de me teindre les cheveux en brun, je parraissais vraiment pale. Son souffle, je le sentit a travers moi, son coeur, il me serrait tout contre lui, cette odeur, je voulais mourir emportée par ce dernier instant d'extase, je voulais que Bill soit avec quelqu'un qui merite d'etre avec lui, pas avec une fille qui aligne des bouteille de détergeants comme une
schizophrène. .
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